Le défi climatique

  

Le réchauffement climatique est aujourd’hui une réalité de moins en moins contestée. Ce qui empêche certains d’entre nous de le conscientiser, c’est la diversité de ses manifestations et l’ambiguïté de certaines d’entre elles. Quelles sont ses causes réelles ?



Le réchauffement et ses causes...

De toute évidence, le réchauffement climatique ne se manifeste pas en tout lieu et toute circonstance par des températures plus élevées qu’auparavant. Certaines tempêtes ou inondations ne donnent pas l’impression d’un réchauffement du climat, les apparences sont trompeuses. Le passage d’un système climatique planétaire à un autre met en jeu de nombreuses composantes de l'atmosphère, des surfaces continentales, de l'hydrosphère (océans, lacs, rivières, nappes d'eau souterraines…), de la cryosphère (glaces terrestres et marines, manteau neigeux) et de la biosphère (ensemble des organismes vivant dans l'air, sur terre et dans les océans). Ces composantes se combinent de façon particulière à l’échelon des territoires avec des effets diversifiés et fluctuants. Si bien que certaines régions du globe sont beaucoup plus concernées que d’autres par l’élévation des températures moyennes, telle la région Arctique, et que les régions d’un même pays peuvent être touchées différemment par les aléas climatiques liés au réchauffement global.
 
Toujours est-il que le climat de la Terre se réchauffe bel et bien. Il devient de plus en plus imprévisible ce qui est normal avant qu’un nouvel équilibre climatique ne s’installe. Cette transition climatique favorise les catastrophes naturelles : sécheresses prolongées, canicules, cyclones, typhons, tornades, ouragans, inondations, tsunamis, incendies, tremblements de terre, éruptions volcaniques… Celles-ci semblent toucher de plus en plus de régions du globe et prennent les habitants de la Terre par surprise, avec à la clé des pertes humaines et matérielles douloureuses. Néanmoins, les cataclysmes ne sont pas nouveaux sur Gaïa. Ils font partie de la règle du jeu de la vie sur Terre et il nous faut l’accepter. Quant au climat, il n’a pas cessé d’évoluer depuis la nuit des temps avec une alternance de périodes glaciaires et de périodes au climat plus tempéré. A chacune de ces périodes correspondent des espèces végétales et animales adaptées, qui finissent par disparaître lorsque le climat change et leur devient hostile. C’est ainsi.
 
 
Le questionnement que je propose ici concerne les causes réelles de ce réchauffement global. Aujourd’hui, ce sont les travaux du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) qui prévalent pour affirmer que le réchauffement planétaire est principalement dû aux gaz à effet de serre émis par les activités humaines.  Ces travaux sont au cœur des négociations internationales sur le climat. Pour ma part, j’ai accordé du crédit aux conclusions du GIEC pendant de nombreuses années avant de découvrir plusieurs facteurs d’incertitude. L’un d’eux concerne la fiabilité des modèles climatiques utilisés par les scientifiques et sur lesquels s’appuient les conclusions du GIEC. La pertinence des modèles climatiques peut être testée en examinant leur capacité à simuler, à partir d’une date donnée du passé, le climat apparu par la suite et aujourd’hui connu. Or il est avéré que certains modèles ont par exemple sous-estimé le taux de rétrécissement de l'Arctique et le taux d'augmentation des précipitations. De même, l'élévation du niveau de la mer a été sous-estimée dans les anciens modèles. En 2017, l'évaluation nationale du climat (National Climate Assessment) publiée par les États-Unis note que « les modèles climatiques peuvent encore sous-estimer ou manquer des processus de réaction pertinents ». 

Il est difficile de déterminer les causes du réchauffement climatique uniquement à partir de modèles car il existe de nombreux facteurs à considérer pour estimer la part respective des processus naturels et des processus d’origine artificielle dans ce réchauffement. Parmi les processus naturels à l'oeuvre, il y a l’évolution de la production d’énergie par le Soleil et l'évolution de l'activité volcanique. En effet, le Soleil étant la principale source d'énergie de la Terre, les changements de la lumière solaire entrante affectent directement le système climatique. Plus le Soleil émet d'énergie, plus la Terre se réchauffe. Quant aux éruptions volcaniques fortement émettrices de gaz et de particules, elles représentent une source d’atténuation de la lumière solaire et favorisent pendant des mois voire des années le refroidissement du climat. Or, ni l'évolution de l'énergie solaire entrante ni les futures éruptions volcaniques ne sont prises en considération. De plus, il existe des systèmes de rétroaction complexes tels que l'inertie climatique ou l’inertie thermique des océans qui jouent sur l’aptitude des modèles à prédire le futur climat en retardant le réchauffement induit par les émissions de gaz à effet de serre. À titre d'exemple, la fonte des calottes glaciaires au Groenland et en Antarctique met du temps à se manifester en réaction aux émissions de carbone des combustibles fossiles. Cela signifie que les stratégies d'atténuation mises en œuvre, telles que la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre produits par nos activités, pourraient montrer une réponse lente en raison de ces inerties. 
 
Pour résumer ce qui semble scientifiquement établi au sujet de l’évolution climatique de la Terre :
 
- l'augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est continue depuis le début de l'ère industrielle. Elle produit un déséquilibre du bilan énergétique de la planète par un effet de contrainte ou « forçage » sur le système climatique dont le résultat ne peut être qu'un réchauffement. Autrement dit, les gaz à effet de serre produits par les activités humaines favorisent ce réchauffement.
- l'amplitude du réchauffement dépend de l'intensité des différents types de forçages qui s’exercent sur le climat, artificiels et naturels, et de la réaction du climat à ces forçages. 
- il y a aujourd’hui des incertitudes sur les facteurs de forçage, principalement à cause des aérosols issus des activités industrielles, et sur le mode de réaction du climat, principalement à cause du rôle joué par les nuages. En effet, le forçage des gaz à effet de serre est assez facile à établir et on sait qu’il favorise le réchauffement. A contrario, le forçage des aérosols est beaucoup plus difficile à déterminer, mais on sait qu’il favorise le refroidissement. De même, la réflexion nuageuse, phénomène naturel, irait plutôt dans le sens d’un refroidissement climatique mais cela n’est pas encore certain. 
- il n’est pas possible d’estimer la résultante de ces forçages en additionnant simplement leurs effets, qui se compensent plus ou moins, pour la raison suivante : les gaz à effet de serre sont généralement distribués de façon assez homogène sur toute la planète ce qui n'est absolument pas le cas des aérosols. La comparaison des deux forçages donne cependant une indication intéressante : ils pourraient être d’intensité équivalente et donc s’annuler mutuellement, le refroidissement induit par les aérosols annulant le réchauffement induit par les gaz à effet de serre. S'il en était ainsi, on doit évidemment se demander pourquoi la Terre se réchauffe aussi rapidement. Et il ne peut y avoir que deux réponses :
-         soit la cause du réchauffement observé est à rechercher dans l’évolution naturelle du climat 
 
-         soit le forçage des gaz à effet de serre l'emporte quand même et le climat y est très sensible. L’effet de refroidissement des aérosols et des nuages ne ferait que modérer le réchauffement sans l’empêcher. 
 
Pour compléter les modèles, les simulations s'appuient maintenant sur des observations de satellites, qui permettent de déterminer à la fois la quantité d'aérosols et les dimensions des gouttes des nuages. Ce couplage devrait permettre d’affiner les futurs scénarios d’évolution climatique. Il restera néanmoins des inconnues importantes notamment en matière d’évolution socioéconomique mondiale, les différents scénarios devant être étudiés selon l’évolution de la population planétaire, le niveau de coopération entre les pays, les efforts d’atténuation, etc. 
 
Pour en savoir plus : 
https://meteofrance.com
 
Finalement, nous jouons encore aux apprentis sorciers avec des simulations de l’évolution du climat qui ne sont que le reflet de la compréhension scientifique actuelle de phénomènes extrêmement complexes. Quand les météorologues se trompent sur le temps qu’il fera localement dans 3 jours, comment admettre l’idée que les prédictions climatiques mondiales à 30 ans puissent être fiables ? 
 
Parallèlement aux tentatives d’explication et de prévision scientifiques du réchauffement planétaire, les milieux spirituels au fait du processus ascensionnel de la Terre avancent une hypothèse sur les causes de ce réchauffement. Selon cette thèse spirituelle, Gaïa se réchauffe car son chemin d’évolution fera d’elle, dans des temps très lointains, un soleil. Le réchauffement climatique serait ainsi principalement d’origine naturelle ! Pour ma part, je cautionne cette hypothèse, qui ne donne en rien raison aux nations et aux individus qui continuent de polluer inconsidérément la planète, mais qui laisse supposer que tous nos accords politiques et efforts individuels pour contrer le réchauffement du climat sont quoi qu’il arrive voués à l’échec. Cela m’amène à suggérer que nous admettions que la Terre se réchauffe tout en faisant en sorte de vivre en harmonie avec cette belle planète qui ne mérite en rien les mauvais traitements que nous lui faisons subir depuis des siècles. C’est peut-être à regret que certains apprendront la disparition d’espèces auxquelles ils étaient attachés. Cependant, il est plus sage de l’admettre et de nous préparer à admirer de nouvelles espèces qui ne devraient pas manquer de nous enchanter… 


Voyageons responsables !

Je vous partage ce guide Greenpeace qui contient des idées de voyages plus respectueux de la Planète...